
11 mars 2026
La mort de Karine Buisset, humanitaire française engagée auprès de UNICEF, à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, est une tragédie qui nous bouleverse profondément.
Elle avait fait le choix de consacrer sa vie à protéger les enfants et à venir en aide aux populations les plus vulnérables, dans une région marquée par des années de conflits. Là où la guerre détruit des vies, les humanitaires s’efforcent de préserver l’essentiel : la dignité humaine.
En servant sous les couleurs de l’UNICEF, elle incarnait cet engagement, celui qui consiste à aller vers les autres, à soulager les souffrances, à maintenir vivante l’espérance des enfants pris dans la tourmente. Aujourd’hui, c’est à cette femme courageuse que nous pensons. À son humanité, à son dévouement, à cette volonté profonde de servir.
Son décès est aussi un rappel brutal de la réalité du terrain. À Goma, grande ville de l’est congolais, les violences liées au conflit opposant les forces congolaises au Mouvement du 23 mars continuent de faire rage. La frappe de drone qui lui a coûté la vie, dans la nuit, alors qu’elle se trouvait dans son lieu de résidence, illustre la dangerosité extrême dans laquelle évoluent celles et ceux qui s’engagent pour aider.
Face à ce drame, une enquête a été ouverte par le Parquet national antiterroriste pour « meurtre constitutif de crime de guerre ». Elle a été confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, afin de faire toute la lumière sur les circonstances de sa mort. La vérité est indispensable, pour sa famille, pour ses proches, mais aussi pour la défense du droit international humanitaire.
Au-delà de l’émotion légitime, ce drame nous oblige.
Il nous rappelle que les liens les plus forts entre la France et les peuples d’Afrique ne se résument ni à des discours ni à des stratégies. Ils vivent à travers ces femmes et ces hommes qui, chaque jour, s’engagent sur le terrain : humanitaires, bénévoles, membres des diasporas, associations. Ce sont eux qui incarnent concrètement les valeurs que nous devons défendre : le respect, la fraternité, la dignité.
Protéger celles et ceux qui protègent les autres doit être une priorité absolue. Dans les zones de conflit, le droit international humanitaire ne peut être une option. Il doit être respecté, garanti, défendu avec détermination par la communauté internationale.
À sa famille, à ses proches, à ses collègues de l’UNICEF, j’adresse mes pensées les plus sincères. Et j’associe à cet hommage toutes celles et ceux qui poursuivent, souvent dans l’ombre, ce combat pour l’enfance et pour la vie.
L’engagement de Karine Buisset ne doit pas être oublié.
Il nous oblige.
Il nous rappelle, avec force, que servir l’humanité reste le plus noble des combats.
Akli Mellouli