22 janv. 2026

L’Europe à l’épreuve du rapport de force mondial

L’Europe à l’épreuve du rapport de force mondial

Dans un monde où les repères politiques et géopolitiques se brouillent, l’Europe fait face à une question décisive : choisira-t-elle la souveraineté ou la vassalité ?

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’ordre mondial n’est plus seulement instable : il se fragmente sous la pression d’un unilatéralisme agressif. Les récents événements, de la capture de dirigeants au Venezuela aux revendications sur le Groenland, territoire souverain du Danemark, confirment une tendance inquiétante à la redéfinition des rapports de force par la contrainte ou l’opportunisme, au détriment du droit international. Ce n’est pas seulement une politique de puissance, mais une remise en cause des règles qui ont structuré l’après-guerre.

Ce même esprit domine l’action de certains acteurs qui traitent leurs alliés comme des zones d’influence plutôt que comme des partenaires égaux. Si nous ne réagissons pas, cette logique risque de devenir la norme et d’ouvrir la voie à de nouvelles crises, de l’Asie à l’Afrique, fragilisant encore davantage le cadre multilatéral que nous connaissons.

L’Europe ne peut pas se laisser enfermer dans une vision de vassalité ou de dépendance. Une Europe forte doit être capable de défendre ses intérêts, ses valeurs et sa place dans le monde, sans renier ses engagements en faveur de la paix et du droit international.

Pour cela, il est urgent de promouvoir une souveraineté européenne réelle, fondée sur des indépendances stratégiques :

* Indépendance agricole, pour garantir une alimentation saine produite près de chez nous, réduire notre dépendance aux importations et promouvoir des modèles agricoles durables et résilients.

* Indépendance industrielle, pour relancer une industrie européenne capable d’innover, de produire et d’assurer des emplois de qualité dans des secteurs stratégiques.

* Indépendance numérique, pour reprendre le contrôle de nos données, de nos infrastructures numériques et de nos choix technologiques face aux grandes plateformes mondiales.

Ces enjeux ne se résument pas à des slogans : ils sont au cœur de notre capacité à agir face aux crises, à protéger nos populations et à peser dans un monde multipolaire. Ils constituent les fondations d’une Europe souveraine, écologique et sociale, capable d’inventer des solutions durables et humaines plutôt que de subir les choix des autres.

Face à l’affaiblissement de l’Occident et aux contradictions qui minent ceux qui prétendent encore le diriger, la France et l’Union européenne doivent sortir de la passivité. Voici les lignes de force d’une réponse européenne ambitieuse :

* Sécurité et intégrité territoriale : définir une doctrine ambitieuse de défense européenne garantissant que toute pression exercée sur un territoire européen entraîne une réponse diplomatique, économique et politique commune et immédiate.

* Autonomie stratégique et militaire : construire une capacité de défense européenne qui protège nos citoyens sans dépendre exclusivement de relations unilatérales.

* Justice internationale : défendre sans concession les institutions internationales, en veillant à ce que le droit soit le même pour tous, alliés comme adversaires.

* Diplomatie ouverte et inclusive : renforcer des partenariats renouvelés, en particulier avec les nations du Sud, sur des bases de respect mutuel et de coopération, et non d’opposition de blocs.

Nous sommes à un tournant historique. L’Europe peut soit se laisser fragmenter par les logiques du passé, soit s’engager résolument vers l’avenir : une Europe unie, souveraine, sociale et écologique, porteuse d’un modèle capable de relever les défis de notre temps.

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