11 févr. 2026

« Des grandes rafles » contre les OQTF. Nous saisissons la procureure en vertu de l’article 40 suite aux propos indignes tenus sur CNews.

« Des grandes rafles » contre les OQTF. Nous saisissons la procureure en vertu de l’article 40 suite aux propos indignes tenus sur CNews.

11 févr. 2026

« Des grandes rafles » contre les OQTF. Nous saisissons la procureure en vertu de l’article 40 suite aux propos indignes tenus sur CNews.

En France, sur un plateau de télévision, un avocat médiatique peut aujourd’hui évoquer des « rafles » à propos de personnes visées par une OQTF, sans être immédiatement contredit, sans que le débat ne s’interrompe, sans que l’alarme morale ne retentisse. Ce silence n’est pas neutre. Il vaut tolérance implicite. Et, à terme, il devient une forme de consentement.

Les propos tenus récemment par Arno Klarsfeld sur CNews, appelant à « organiser de grandes rafles un peu partout » pour « se débarrasser des étrangers en situation irrégulière », franchissent une ligne grave. Employer un tel vocabulaire, chargé de l’histoire la plus sombre de notre pays, n’est jamais anodin. C’est convoquer une mémoire collective marquée par la persécution, la déshumanisation et la violence d’État.

Face à cela, nous avons agi. Avec plusieurs collègues députés, j’ai effectué un signalement auprès de la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Le parquet de Paris a répondu : ce signalement a été pris en considération, examiné avec attention, et transmis à la section compétente. La justice suit donc son cours. C’est nécessaire. Mais cela ne suffit pas.

Car au-delà de la réponse judiciaire, il y a une responsabilité politique et morale.

Pendant ce temps, aux États-Unis, nous voyons jusqu’où peuvent mener ces glissements. À Minneapolis, Alex Pretti, infirmier, citoyen engagé, a été tué lors d’une opération de la police de l’immigration. Ce drame n’est pas un accident isolé. Il est le produit d’années de discours qui déshumanisent, de politiques qui traquent, d’une idée insidieuse selon laquelle certaines vies compteraient moins que d’autres.

Il existe un fil direct entre les mots et les actes. L’histoire nous l’a appris avec suffisamment de violence pour que nul ne puisse prétendre l’ignorer.

Parler de « rafles », c’est réveiller les instincts les plus dangereux. Laisser passer ces mots sans réaction, c’est contribuer à leur banalisation. Et la banalisation de la violence administrative finit toujours, tôt ou tard, par produire de la violence réelle.

La France n’est pas l’Amérique de Donald Trump. Mais elle pourrait s’en rapprocher si nous renoncions à défendre, avec constance, la dignité humaine, l’État de droit et la responsabilité de la parole publique.

Le rôle des médias n’est pas d’amplifier la brutalité, mais d’y opposer un cadre, une exigence, une vigilance. Le rôle des responsables publics est de dire non, clairement, lorsque certaines lignes sont franchies.

Nous devons aux victimes d’aujourd’hui, ailleurs dans le monde, et à notre propre histoire, de ne pas laisser ces idées prospérer ici. Refuser la banalisation, c’est protéger notre démocratie.

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