À l’occasion de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, j’ai souhaité m’engager pleinement sur un sujet trop souvent relégué au second plan : la justice des mineurs.
La manière dont une société traite ses enfants et ses adolescents en difficulté dit beaucoup de ses priorités. Aujourd’hui, la justice des mineurs est fragilisée, alors même que les besoins éducatifs, sociaux et psychologiques n’ont jamais été aussi importants. Face à ce constat, j’ai déposé deux amendements visant à réaffirmer une conviction forte: investir dans l’accompagnement des mineurs, c’est faire le choix de la prévention, de la dignité et de l’avenir.
Le premier amendement porte sur le renforcement des moyens alloués à la Protection judiciaire de la jeunesse. La PJJ est en crise profonde. Les professionnels éducateurs, psychologues, assistants sociaux et personnels administratifs travaillent dans des conditions de plus en plus dégradées, avec des effectifs insuffisants et des structures saturées. Les mouvements de grève de 2024 ont mis en lumière un épuisement généralisé dans un service public pourtant essentiel. Renforcer la PJJ, c’est permettre un accompagnement éducatif et humain à la hauteur des besoins des jeunes, prévenir la récidive et soutenir celles et ceux qui, chaque jour, œuvrent à la réinsertion plutôt qu’à l’exclusion.
Le second amendement concerne les mineurs incarcérés. Aujourd’hui, ils ne bénéficient en moyenne que de trois heures d’activités par semaine. C’est largement insuffisant et très éloigné des recommandations européennes. Sans activités éducatives, culturelles ou sportives, l’enfermement ne se limite plus aux murs, il devient aussi mental, avec des conséquences lourdes sur les trajectoires de vie et les risques de récidive. J’ai donc souhaité défendre un renforcement des activités proposées aux mineurs détenus, afin de structurer leur quotidien, maintenir un lien avec l’extérieur et préparer concrètement la sortie de détention.
