Hier au Sénat, j’ai eu le plaisir d’organiser un déjeuner réunissant la ministre de la santé de Guinée madame Khaïté Sall et plusieurs élus de la République, notamment le maire de l'île-Saint-Denis, monsieur Mohamed Gnabaly. Un moment d'échange pour repenser les relations entre la France et l’Afrique sur des bases renouvelées, fondées sur le respect mutuel, la réciprocité et l’égalité entre les peuples.
Cette ambition suppose d’abord de regarder notre histoire commune avec lucidité. Une histoire riche, profonde, parfois douloureuse, qui a façonné durablement nos sociétés et nos destins respectifs. Elle oblige à la vérité et à la responsabilité, sans nostalgie ni oubli.
Elle suppose également de reconnaître pleinement la place singulière de ces Françaises et Français, aujourd’hui engagés dans la vie publique, héritiers de cette histoire entre la France et l’Afrique. Par leurs parcours, leur engagement et leur présence dans les institutions, ils incarnent un lien vivant entre deux rives appelées à mieux se comprendre et à construire ensemble.
Les attaques racistes récemment subies par le maire de Saint-Denis, monsieur Bally Bagayoko, rappellent que ce chemin vers l’égalité réelle n’est pas encore achevé. Elles soulignent aussi combien la présence de cette nouvelle génération d’élus est essentielle : elle reflète la France dans sa réalité, diverse, plurielle, et tournée vers l’avenir.
Ce temps d’échange portait une vision : celle d’une France capable d’assumer son histoire dans toutes ses dimensions, de reconnaître toutes ses composantes, et de construire avec l’Afrique une relation adulte, équilibrée et ambitieuse.
L’avenir de cette relation ne se construira ni dans l’oubli, ni dans la nostalgie, mais dans la reconnaissance, le respect et la volonté commune d’avancer ensemble.
