25 févr. 2026

Nouvelle-Calédonie : choisir le dialogue plutôt que le passage en force

Nouvelle-Calédonie : choisir le dialogue plutôt que le passage en force

25 févr. 2026

Nouvelle-Calédonie : choisir le dialogue plutôt que le passage en force

Avant l’examen du projet de loi constitutionnelle relatif à la Kanaky–Nouvelle-Calédonie, j’ai tenu à échanger avec les représentants du Front de libération nationale kanak et socialiste afin d’évoquer la situation démocratique et politique du territoire.

Ces échanges ont confirmé une réalité préoccupante : depuis plusieurs années, et plus encore depuis les événements de 2024, la situation demeure fragile. Dans ce contexte, il est urgent que le gouvernement français permette enfin l’expression démocratique du peuple. Les élections provinciales ne peuvent être indéfiniment repoussées. Elles doivent se tenir dans les délais prévus, car elles constituent un moment essentiel de la vie démocratique.

La Nouvelle-Calédonie, reconnue par les Nations unies comme un territoire à décoloniser, appelle une attention particulière. Le droit à l’autodétermination du peuple kanak, la reconnaissance de son identité et de sa culture, la justice sociale et la protection des ressources naturelles doivent rester au cœur de toute démarche politique.

C’est dans cet esprit que je me suis opposé, dans l'hémicycle, à ce projet de loi constitutionnelle.

Car ce texte ne peut être considéré comme une simple réforme institutionnelle. Il touche à l’histoire, à la mémoire et à la dignité du peuple kanak. Et surtout, il intervient dans un moment où les conditions d’un consensus politique ne sont manifestement pas réunies.

Constitutionnaliser, dans la précipitation, un accord qui ne fait pas l’objet d’un large assentiment ne peut en aucun cas garantir une paix durable. Bien au contraire, cela risque d’accentuer les tensions et de fragiliser davantage un équilibre déjà précaire.

Je crois profondément qu’aucune évolution institutionnelle majeure ne peut réussir sans un accord large entre toutes les forces politiques du territoire.

La République est forte lorsqu’elle écoute.
Elle est grande lorsqu’elle respecte le droit des peuples.
Elle est fidèle à ses valeurs lorsqu’elle fait primer la justice sur la précipitation.

C’est pourquoi je plaide pour une autre voie : le retrait de ce texte, la tenue des élections provinciales dans les délais, et la reprise d’un dialogue sincère, apaisé et inclusif, associant l’ensemble des acteurs politiques et des habitants du territoire.

Parce que la décolonisation n’est pas une formalité juridique.
Parce que la dignité d’un peuple ne se négocie pas.
Parce que la paix durable ne peut naître que du consentement.

Plus que jamais, il nous revient de défendre une approche fondée sur le respect, le dialogue et le droit.

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