Le 11 septembre, j’ai eu le plaisir d’accueillir au Sénat une rencontre consacrée à un sujet aussi sensible qu’essentiel : l’immigration, entre récits de vie et récit politique. Ce temps d’échange a réuni des voix précieuses et complémentaires : Smaïl Chertouk, auteur de Étrangers de souche, Catherine Wihtol de Wenden, chercheuse reconnue des questions migratoires, et Dalila Ahmedi, avocate et présidente-fondatrice de l’association Sapere Aude – Ose savoir.
À travers nos discussions, une conviction s’est imposée avec force : l’histoire de France est indissociable des parcours de toutes celles et ceux qui y vivent, y travaillent, y rêvent et y espèrent. L’immigration n’est pas une parenthèse de notre récit national, elle en est une composante structurante.
Le travail de Smaïl Chertouk met en lumière cette réalité trop souvent invisibilisée : l’appartenance ne se décrète pas. Elle se vit et se construit chaque jour, dans l’engagement, le partage et la reconnaissance mutuelle. C’est dans ces expériences concrètes que se forgent le lien social et le sentiment d’appartenance commune.
Alors que le débat public tend trop souvent à simplifier, caricaturer ou opposer, cette rencontre fut au contraire un moment de dialogue, de mémoire et d’espérance. Un espace pour penser l’immigration avec lucidité, humanité et responsabilité politique.
Parce que la France est aussi cela : une patrie d’accueil, une terre de métissage, un pays qui grandit lorsqu’il accepte de se regarder en face, avec ouverture et exigence démocratique. Continuer à faire entendre ces voix est indispensable pour faire reculer les préjugés et construire une société plus juste, fidèle à ses valeurs.
