
4 oct. 2026
C’est au lycée Antoine-de-Saint-Exupéry, à Créteil, que la mobilisation lycéenne a commencé le 17 septembre dernier. Les élèves se sont d’abord mobilisés en soutien à leurs enseignants, confrontés au manque de personnels et de moyens. Le mouvement s’est ensuite étendu à de nombreux établissements pour dénoncer la dégradation des conditions d’étude, le manque de moyens pour l’école publique, l’état des bâtiments scolaires, les inégalités et la sélection injuste dans l’accès aux études supérieures.
Depuis dix ans, les politiques gouvernementales ont contribué à fragiliser les services publics, et l’école publique n’a pas été épargnée. Manque de moyens humains et financiers, classes surchargées, bâtiments dégradés, difficultés à remplacer les enseignants : les conséquences se font sentir dans le quotidien des élèves et des personnels. Face à cette situation, comment s’étonner que les jeunes s’inquiètent pour leur avenir ? Il est légitime qu’ils aient peur de ne pas pouvoir étudier dans de bonnes conditions, de ne pas avoir les mêmes chances de réussite que les autres et de voir les portes de l’enseignement supérieur se refermer devant eux.
Leurs revendications sont légitimes. Ils demandent les moyens d’apprendre, des établissements dignes, une école qui lutte contre les inégalités plutôt que de les reproduire et un système éducatif qui leur permette de construire leur avenir, quelle que soit leur origine sociale. Ces demandes doivent être entendues et prises au sérieux. L’avenir de notre jeunesse ne peut pas être sacrifié au nom des économies budgétaires.
Pourtant, face à cette mobilisation, la réponse apportée aux jeunes est aussi marquée par les interpellations, les gardes à vue et des témoignages faisant état de violences policières. Plusieurs récits de jeunes, parfois mineurs, font état de blessures, d’humiliations et de violences lors des interventions des forces de l’ordre.
Le maintien de l’ordre ne peut pas se faire au détriment des droits et de l’intégrité des jeunes. Notre responsabilité est de protéger, d’écouter et de dialoguer, et non d’intimider ou de réprimer.
Nous refusons que la jeunesse soit réduite au silence. Nous refusons que des lycéens paient physiquement le prix de leur engagement. Ils ont le droit de s’inquiéter pour leur avenir, de dénoncer les inégalités et de demander une école publique à la hauteur de leurs ambitions.
Notre jeunesse se mobilise pour son école et son avenir. Elle doit être entendue, respectée et protégée.
Soyons à ses côtés et faisons entendre ses revendications pour une école publique qui donne à chacune et chacun les mêmes chances de réussir.