3 avr. 2026

Saint-Denis : défendre la République face aux dérives racistes du débat public

Saint-Denis : défendre la République face aux dérives racistes du débat public

Saint-Denis : défendre la République face aux dérives racistes du débat public

Ces derniers jours, sur certaines chaînes marquées à l’extrême droite, des voix se sont élevées, se présentant comme expertes, parfois même comme philosophiques, pour commenter non pas les actes d’un maire de la République, mais son identité. Sa couleur de peau devient un sujet, son élection une anomalie à expliquer, son mandat une suspicion à entretenir.

Nous touchons là à quelque chose de grave.

Car dans une démocratie digne de ce nom, un élu se juge sur ce qu’il fait : ses décisions, ses engagements, les politiques qu’il met en œuvre. Jamais sur ce qu’il est.

Avant même le moindre bilan, avant même les premières décisions, certains distribuent déjà les procès. Non pas à partir de faits, mais à partir d’une appartenance supposée. Comme si, encore aujourd’hui, être noir imposait de se justifier en permanence, comme si cela constituait une suspicion en soi.

Ce n’est pas seulement injuste. C’est un recul.

Un recul pour l’idée même de République. Un recul pour l’exigence d’égalité. Un recul pour le débat public, qui s’abîme dès lors qu’il abandonne les faits au profit des fantasmes.

Ce que révèlent ces prises de parole, ce n’est pas la réalité d’un mandat. C’est la persistance d’un regard.

Un regard qui assigne, qui enferme, qui disqualifie. Un regard qui autorise certains à juger un élu non pour ses choix, mais pour son existence même dans l’espace public.

Concernant Bally Bagayoko, la réalité est pourtant tout autre. Il est tout sauf une caricature. C’est un militant engagé depuis plus de trente ans, profondément attaché à sa ville, défenseur constant de l’égalité et de la dignité humaine.

Nos chemins se sont croisés il y a plus de trente ans. J’ai vu son engagement, j’ai éprouvé sa sincérité, j’ai mesuré sa constance dans le combat contre les injustices et pour le respect. Avec le temps, une relation d’estime et d’amitié s’est construite. J’ai pour lui un profond respect.

Face à cela, il faut être clair.

On peut critiquer un élu, on doit même le faire. C’est le cœur du débat démocratique. Mais encore faut-il le faire sur des bases honnêtes : des faits, des décisions, des choix politiques.

Jamais sur la couleur de peau.

C’est pourquoi j’appelle à la mobilisation. Samedi à 14 heures, soyons nombreuses et nombreux pour lui apporter notre soutien, pour dire non au racisme, non à la haine.

Car à défaut, ce n’est plus un débat démocratique. C’est une régression.

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